[Pour les débutants] Ethique, changement et culture organisationnelle

04-Apr-03

"... L'éthique booste la culture organisationnelle et résout de nombreux problèmes lorsqu'il y a dilemme. Évident !? ... cela suppose un minimum de qualités intellectuelles auxquelles prêter attention lors du recrutement. C'est aussi la raison pour laquelle, entre autres, certaines entreprises recherchent des gens ayant un quotient émotionnel bien calibré ! Bref, tout ça pour dire que si certains partisans du tout à l'informatique pensent que l'on ne travaille pas assez le tacite dans les entreprises, c'est parce que l'on manque de bon sens humain. Alors, on se tape un KM informatisé ... Cela change avec la nouvelle génération des DRH qui repoussent les limites des Technologies de l'Info. à un niveau de qualité digne de ce nom. Je ne crois pas beaucoup aux conseils extérieurs en KM. En fait, il en faut... et en même temps, il y en a peu de vrais. En temps normal, le consultant (honnête) doit reconnaître que le client s'y connaît plus que lui. Le consultant va l'aider à se révéler face à un afflux qui le noie. En KM, c'est encore plus dur. On doit l'aider dans ce qui est récurrent (ce que fait un soft d'application) et dans ce qui fait son originalité : et là, bonjour les dégâts si l'on n'est pas super doués pour faire sortir le "tacite" de ce que les gens présents possèdent mais ne partagent pas. S'ils ne le font pas avec leurs collègues, pourquoi le ferait-il avec un inconnu au bataillon et qui (trop souvent) roule des mécaniques ... "

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Daniel Renson

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Daniel Renson
Publisher:
KnowledgeBoard
Date:
04-Apr-03
Categories:
KM in Belgium, Le Coin des Francophones 

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Member comments (13)

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Daniel RENSON
Daniel RENSON, 25-Jan-04 @ 09:57AM
2 - Une base commune pour commencer ?

Cela étant dit, ethnologues, philosophes, psychologues et quelques religieux contemporains ramènent assez généralement des points que les philosophes grecs, grands observateurs de la nature, de leurs concitoyens ainsi que des voyageurs qu’ils rencontraient, avaient déjà mis en évidence. Ces observations enjoignent à penser qu’il y a quand même un universalisme intime fondamental: l’éthique que l’on pourrait ainsi comparer à un mode d’adaptation équilibré que l’individu désire avoir avec son environnement, d’abord immédiat et puis plus étendu par la suite, se constate comme un processus spontané. Il engendre une sensation de bien-être / de satisfaction chez ceux qui s’insèrent dans l’harmonie des choses de la nature (… qui a horreur du désordre) et de la communication avec l’autre.
Ce qu’on peut vérifier dans la poursuite de relations plus intenses / cohérentes en affaires et qui, chose non négligeable, faciliteront la conduite d’applications prospectives pertinentes.
Le challenge, pour ceux qui veulent progresser sensiblement consiste alors à s’adapter équitablement avec des entourages commerciaux de plus en plus étendus. Et, forcément, en assimilant de plus en plus de paramètres multiculturels … ayant quand même une tendance à la « normalisation » dans de très nombreux domaines actuellement.
Ajoutons cependant que les lignes qui précèdent supposaient que l’environnement était « normal ». Si les individus et les groupes doivent se gérer dans un contexte inhospitalier, voire franchement agressif, leur comportement sera tout autre puisque l’entente sera difficile, voire impossible.
L’inimitié « organisationnelle » est suffisante pour déclencher des dérives et affecter les stratégies ! C'est plus particulièrement flagrant dans l'institutionnel : administration mais aussi dans les écoles !
Qui a dit KM ? Il peut s’appliquer dans des cas comme celui que l’on vient d’évoquer. Mais, attention, KM nécessite une base culturelle !
Il peut aussi aider à résoudre des dilemmes éthiques tels que ceux qui se posent entre une éthique commerciale internationale « obligée » et ce que pourrait être l’attitude d’une autorité locale moins impliquée que l’opérateur. Imaginons la réaction de la-dite autorité réagissant sur l’initiative de l’opérateur sans trop de considération pour le but ultime, décidant que l’intervention ne cadrait pas avec des us et coutumes pourtant sans lendemain.
Voilà donc pour approcher la problématique en gros (limite de 2000 signes par réponse). N’hésitez pas à poser d’autres questions plus directes si nécessaire.
Plus d'infos sur mon site www.fbc-e.com.

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 24-Jan-04 @ 19:11PM
1 - Ethique et muticulturalisme (1/2)

Merci pour cette intéressante question, Omer. Surtout dans le contexte de notre ère d’ouverture et de globalisation.
L’article décrit assez largement la relation totalement interactive éthique-culture. Aussi que l’éthique peut évoluer de manière très intéressante dans un contexte culturel fort et que, réciproquement, une éthique bien fondée et large (tous les mots sont importants) va susciter des développements culturels solides grâce aux interactions ainsi validées et qui se multiplieront en qualité croissante.
Parlant d’entreprise, la culture adaptée à ce nouvel environnement, dont elle facilitera la mise en place des moyens pour le gérer, devient organisationnelle. Elle va évidemment favoriser une éthique professionnelle en rapport avec cette évolution et qui contribuera à "faire" la différence: un positionnement empreint d’une morale des affaires bien distinctive, associée à la compagnie et son produit, au travers de personnes et de manières qui plaisent et rassurent.
Il va de soi que le raisonnement, dans sa logique simple, quand elle est ainsi décrite sans entrer dans le détail des dures réalités quotidiennes en interactions mouvantes, est très dépendant, à petite échelle, du milieu immédiat dans lequel les gens échangent leurs propos et produits spontanément, sans formalisme puisque le tacite / la tradition (avec leurs contenus procéduraux "basés éthiques") s’y trouvent depuis longtemps. Tandis que dans le contexte ouvert, celui de l’économie en globalisation accélérée, que nous connaissons, il faut apprendre à se conformer à des règles de conduite neutres ou standards. Sans fondements ni repères temporels. Sans oublier que le temps n'a pas la même "dimension" sous toutes les latitudes.
Pas facile ! Il faut passer le gap du traditionnel au "neutre" et puis, de ce qui pouvait passer comme relativement naturel dans un premier temps, au global qui débarque, de plus en plus vite, une multiplicité complexe qu’il faut apprendre à décoder pour la ramener dans des lignes "courantes".

Revenons au "neutre". Posons ensuite le principe d’universalisme qui pourrait suivre.
C'est une question qui va dans le sens de votre approche du texte, Omer, et qui fait face à quelques constats selon lesquels certaines parties du monde sont plus ancrées dans leurs traditions, souvent dans la ligne de préceptes religieux rigoureux, que d’autres. Cela nécessite des interfaçages pratiques.

Voir suite "Une base commune pour commencer ?"

Omer Aytin
Omer Aytin, 27-Dec-03 @ 13:11PM
Ethique et multi-culturalisme

Bonjour,
J'ai lu votre article et réponses aux questions avec intérêt. Pour en revenir à l'article, l'aspect méthodologique est appréciable dans cette matière.
En ce qui concerne la culture organisationnelle, j'aimerais savoir comment vous considérez le multi-culturalisme dans ce contexte. Merci d'avance. Omer

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 16-Jul-03 @ 13:31PM
3- L'usure des connaissances et de l'éthique (revoir l'article)

Oui, il y a des dérives qui, lorsqu’elles persistent, vont affecter des composantes de valeur dans le système. Le temps contient le progrès et le désordre. Il faut savoir comment équilibrer et anticiper ce qui pourrait bousculer les trajectoires !
Ta formule « la personne usée qui se cimente ». Ce n’est heureusement pas le cas de tous mais, malgré tout, celui de bcp et à propos duquel la société actuelle n’offre pas tellement de choix d’horizons (voir plus haut), à ceux qui ne font pas preuve d’une solide volonté, autres que la retraite confortable (il y a des remous à ce propos : cela va être dur de continuer imperturbablement ainsi pendant fort longtemps) au bout d’un chemin sur-protégé et fait de bien plus de droits que de devoirs !
Alors, quand la position fut acquise dans des conditions « favorables » et que, confrontée ensuite aux redoutables changements, la révision du statut se profile à l’horizon, les dérives commencent à se faire voir. Danger potentiel et l’organisation des sociétés ne se soucie pas assez de cette composante qui a des aspects formels ET informels.
A défaut de normes, c’est un minimum, quand il n’y a pas eu d’interrogation à propos de l’éthique lors du recrutement, de la création du poste et de la définition du job, le personnel aura une position de rejet qu’il sera dangereux d’ignorer.
Le temps n’arrangera rien. Au contraire !
Ton autre point : la PARTICIPATION a tjrs été le leitmotiv des vrais praticiens du changement (mon expérience originelle : voir éléments dans les réponses KM pour débutants) et les communautés de pratiques ne font rien d’autre que de poursuivre la démarche à un niveau structuré en vue de la continuité avec une organisation adaptée très directement à des objectifs bien définis.
Je crois que, ainsi, les « brebis galeuses » seront plus rapidement identifiées si, par hasard, elles avaient réussi à passer le cap d’un recrutement plus affûté et des évaluations ultérieures (combien ?).
C’est critique pour KM puisque, sans s’étendre sur le détail du « noeud » problématique actuel, il ne faut pas oublier que la «mécanique de l’innovation» est délicate et que les découvertes ne sont pas entièrement le fruit du hasard mais surtout d’un travail acharné et CONTINU (accumulation des expériences internes et externes via les réseaux de partenaires sans oublier les principes d’équité, le fameux « win-win ») !
La bonne volonté (dont tu parles) doit d’abord être accueillie (entrée du nouveau) et puis être maintenue (incluant le développement de carrière) par la récompense (un statut « équitable » en rapport avec les prestations, des « plus » qui paient les contributions plutôt que la quête égoïste des sommets).
Voilà en quelques lignes. Espérant ainsi avoir contribué aux soucis des Kboarders …

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 16-Jul-03 @ 12:37PM
2b- Le cerveau, l'armée et le business

Suite de 2a :
Cela étant dit, à l’armée, un officier disparaissant au combat, sera automatiquement remplacé par son sous-officier. Parfois plus expérimenté que le premier (revoir contenu du point 1a-). Ce thème a déjà fait l’objet de romans et films.
Le team est censé reproduire, à l’intérieur d’un groupe, ce que devrait être un super cerveau au niveau de la problématique relative à un projet important. Sachant que le cerveau d’un individu dispose de sur-capacités telles qu’il peut s’accommoder de lésions, on attend du groupe qu’il puisse produire le même résultat en l’absence d’un ou plusieurs membres du team.
Combien de membres et lesquels ? Une question semblable à celle que l’on se poserait à propos d’une opération chirurgicale : de quel membre du groupe s’agit-il et quelles sont ses capacités (sans oublier l’indice de CONFIANCE attaché à sa personne, ses qualités humaines et techniques) ?
Le « membre » est-il l’outil informatique ? Une question traître quand on relit la discussion abordée lors d’interventions précédentes : quelqu’un peut-il encore travailler en dehors du fameux « paperless »? L’ancien …oui, il peut !
Bref, pour aborder la question sous l’angle « des cerveaux frais » (la marée intellectuelle du jour ?), lançons quelques éléments de réflexions :
- un cerveau bien entretenu (« mens sana in corpore sano ») n’a pas vraiment à craindre l’avenir. Sauf accident …
- la mémoire ? Cela s’entretient aussi et puis, avec l’accumulation des expériences, celles-ci favorisent la « greffe » d’éléments nouveaux sur des acquis hautement pratiques ;
- les anciens ont fait leur progression « à la dure » et sont plus persistants que ce que l’on nomme la « click generation » habituée à voir les choses se présenter plus rapidement (la réponse après le clic !). Ce qui marque indéniablement leur caractère ;
- l’usure à craindre (mais elle frappe indistinctement l’ancienne et la nouvelle génération) serait plutôt celle de la motivation (voir point 3-) tandis qu’il faut prêter attention au fait que l’ultra-motivé ne restera pas dans un environnement non propice à son développement (une problématique KM associée à la DRH : réduire la rotation du personnel pour savoir sur qui compter -le capital humain- pour atteindre les objectifs).
- les cerveaux frais expérimentés sont intéressants MAIS rares (voir ci-dessus) et les autres auront besoin des aînés pour trouver comment appliquer leurs talents au service de l’entreprise et de ses clients. Etc.
Et puis, il y a le point (tragi-) comique du principe de Peter qui constate (très simplement dit) que celui qui atteint son niveau de compétence maximum étale tous les jours un peu plus de sa « confiture » pour s’accrocher là où il se trouve !
Mais, Audran, tu y faisais allusion en 3- (ci-dessus).

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 16-Jul-03 @ 12:30PM
2a- Personne n'est irremplaçable ! ou ?

Une super question à propos de laquelle on pourrait dire un tas de choses. Commencons par nous interroger (quelque peu) sur le point de la « position » dans le contexte : entre le strictement « fonctionnel » qui a tendance à disparaître puisque l’ordinateur récupère le récurrent dématérialisable et le «responsable» que l’on multiplie mais qui est souvent très rapidement isolé pour les raisons déjà discutées. Problème que l’on essaie de récupérer en CoPs/Communautés de Pratiques.
Ensuite, n’oublions pas, quand on se remémore un principe organisationnel de distribution des tâches, que cette question se situe dans un parcours entre une entité organisationnelle définie et un lieu de travail effectif convenu pour y assurer une « sortie » utilisable / concurrentielle. Si c’est automatique, passant dans le « workflow », pas trop de problème. Si c’est humain, il y a un paquet de relations, peu ou fortement formalisées, avec les risques évoqués et plus ou moins bien connus. Donc plus ou moins bien gérés.
Voir suite, point 2b, ci-dessus.

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 16-Jul-03 @ 11:08AM
1b- Un business basé sur la confiance = faite de quoi ?

Pour mieux faire comprendre le dernier paragraphe de 1a-(ci-dessous), ajoutons que, lorsqu’on parle « business » et confiance, les spécialistes relèvent habituellement 5 dimensions : intégrité (honnêteté), compétence (humaine et technique), consistance (assise, cohérence, fiabilité, prévisibilité), loyauté (faire en sorte que l’on puisse sauver l’image de marque de la société et / ou de son chef. Un cas de dilemme … éthique !), ouverture (à l’autre, à ses idées en vue du partage. Qui a dit KM ?).
On comprend ainsi mieux ce que l’on appelle l’autorité morale qui peut supplanter n’importe quelle autre, imposée hiérarchiquement et qui n’afficherait pas les dimensions proposées ci-dessus à la réflexion. Elles devraient servir à la mise en place d’un esprit de confiance dans la société (une problématique qui fait partie de la mise en place de la culture d’entreprise et qui ajoute une explicitation à une autre problématique, celle de KM en l’absence de la dite culture !).
Voir suite, point 2- de l’intervention d’Audran ci-dessus.

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 16-Jul-03 @ 10:47AM
1a- Ethique et confiance

Bonjour Audran, merci pour cette riche intervention multiforme ! Elle nous donnera l’occasion de relier bcp de choses à KM …
1a- Pour aborder cette question, revenons au fait que c’est au fil du TEMPS que l’homme, émergeant de l’animalité, a fait siennes des notions identifiant ses comportements en de multiples circonstances. La confiance animale existe et se vérifie quand, par ex, on observe le monde canin. La confiance « humaine » peut se construire dans tous les domaines, dont les affaires, et peut se comprendre aussi plus facilement quand on l’oppose à son contraire, la méfiance.
La confiance a de nombreuses dimensions. Elle peut se traduire dans l’ESPERANCE (la réalisation d’une promesse, l’aboutissement d’un projet conduit par une personne ou un groupe ayant des qualités -que l’on va discuter plus loin-, la publicité d’une marque qui est -dans l’autre sens- une « promesse » que le fabricant fait à son marché, la politique d’emploi d’une entreprise et sa traduction dans les modalités d’application des plannings de carrières –qui, à défaut d’être perçus conformes aux attentes, peuvent occasionner des conflits sociaux- , la politique d’un gouvernement -qui, s’il n’obtient pas ses indices de confiance, verra l’économie dériver (ré-envisager un gouvernement des nations dans l’Europe Unie ?). L’espérance peut aussi s’exprimer très fort en terme d’ASSURANCE selon laquelle on se déclare sûr de la bonne fin d’un projet (KM ?).
Pour que ce mécanisme libératoire d’engagement (que l’on saisit aussi dans la cognition) se vérifie, il faut que les individus puissent identifier -dans la relation, càd au-delà de la simple communication- une collection de paramètres qui s’équilibrent les uns par rapport aux autres à l’intérieur de leur espace-temps (voir éléments dans les réponses KM pour débutants). Il peut y avoir duperie quand l’« autre », ayant manipulé l’interface qu’il faut établir entre les deux dimensions, fera croire et assimiler au premier des paramètres non fondés sur ses attentes. Apparemment, il y a équilibre et le premier s’engage pour vérifier, ensuite, qu’il n’y en avait pas. C’est évidemment l’expérience et les enseignements que l’on peut en tirer qui feront les succès. Mais il faut une base de connaissance pratique pour cela. Et comment fait-on pour l’acquérir ? Suivez mon regard!
Quand cela fonctionne bien, il y a une extension de l’espace-temps des individus concernés mais que l’on doit s’efforcer de tenir en relation opérationnelle ! Ce qui inclut la confiance qui est aussi évolutive dans ce contexte !
Bref, quand il y a une découverte / reconnaissance de paramètres faisant partie d’un ensemble d’éléments positifs et susceptibles de maintenir / améliorer des attitudes et relations équilibrées on peut parler d’équité sans pour cela dire morale (que l’on associe souvent à des notions religieuses) et dont l’éthique serait la science.
Voir 1b- ci-dessus.

Audran SEVRAIN
Audran SEVRAIN, 15-Jul-03 @ 19:17PM
éthique + confiance + expérience

Après lecture (passionnante) des commentaires ... des questions arrivent :
1. quel est le lien entre éthique et confiance ... je n'arrive pas à voir simplement la spécificité de chaque notion.
2. l'un des principes managérial consiste à dire : "personne n'est irremplaçable"... ce en quoi je crois de moins en moins... remplacer des séniors par des juniors ou simplement favoriser le turn over ... du cerveau frais pour alimenter les usines à produire des idées me semble un pari très ambitieux ou simplement hautement irresponsable ... peut-être que je me trompe complètement... ma question va en fait plus loin ... point 3 ...
3. plus une personne reste dans une organisation et plus elle se cimente à l'intérieur par des habitudes (parfois lourdes en inertie) qui se traduisent par des privilèges bloquant toute initiative, empêchant les échanges d'être équitables : fin de l'éthique... personne ne souhaitant avancer de peur de prendre le risque de perdre un bout de privilège ... question sans fin ? où pourrait être l'équilibre ? L'expérience dans la confiance, l'énergie d'innover tout en dévelopant son expérience, passer d'un privilège individuel à une intelligence collective ...
Je fais le pari sur la bonne volonté intrinsèque de chacun et me demande seulement comment associer "expérience" à "innovation" tout en favorisant les flux de savoir au travers de comportements éthiques, favorisant la confiance. Jusqu'où va la "bonne volonté" ?

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 07-Jul-03 @ 15:24PM
Ethique et KM

Merci de se joindre à nous Jean-Pierre :-)!
Ainsi que précisé en introduction,l’éthique se situe au-delà des valeurs constitutionnelles de la culture organisationnelle (à considérer comme évolutive) qui conditionne l’activation, la construction et la progression de la connaissance dans le processus.
L’éthique est supra-conductrice. Elle se rapporte à la morale essentielle, fondamentale et engage les individus aux rapports équitables avec l’ensemble de leurs relations.

Alors, si l’on a coutume de dire que la connaissance se construit dans les échanges, il faut aussi comprendre que le niveau de la connaissance produit sera proportionnel à la qualité des échanges évoqués.
Allons plus loin encore et envisageons plutôt une RELATION de qualité. Elle s’amorce d’avantage sur une base spontanée (l'émotion y joue un rôle important et l’on comprend ainsi mieux les notions d’intelligence émotionnelle et de quotient émotionnel) que sous la stricte contrainte organisationnelle. Il s’agit d’une socialisation en formation, faite d’éléments délicats que l’on a plaisir à ajouter dans les rapports entre personnes et groupes qui se forment.

Ce phénomène a bien été décrit par messieurs Nonaka et Takeuchi (voir "KM pour débutants") lorsqu’ils mettaient en évidence la socialisation qui révèle la connaissance implicite.
Mais il faut bien se rendre compte que l’échange des savoirs ne se fera que si les parties en présence ne se posent pas de question à propos de l’équilibre entre elles. On peut aussi rappeler la notion de confiance, déjà évoquée au cours de l'article sur l'éthique.
S’il y a tricherie, le système s’arrête.
D’ou l’importance de l’équité dans la gestion de la connaissance. Sans parler d’un climat serein que cela peut entretenir sans trop de difficulté.
N'hésitez pas à nous faire part de vos idées !

Jean-Pierre
Jean-Pierre, 02-Jul-03 @ 21:17PM
Ethique, changement et culture organisationnelle

Bonjour.
Après lecture de cet article, j'aimerais que vous m'explicitiez un peu plus le rapport entre l'éthique et la gestion de la connaissance.
Merci d'avance. Jean-Pierre

Daniel RENSON
Daniel RENSON, 01-Jun-03 @ 21:01PM
Vers une tradition digitale ?

Merci de se joindre à nous, Jean-Charles. Cette question nous ramène à la tradition orale de nos ancêtres : la sagesse (philosophie) et le savoir pratique qui pérennisent la tribu.
La SF nous les remet fréquemment en scène. Leur rencontre apaise les tensions. On sait qu'ils disposent de solutions astucieuses qui sortiront les imprudents du mauvais chemin.
Quid d’une transposition business ? Poser la question, c’est y répondre …
Mais, tout d’abord, disons que cela peut aussi faire l’objet d’une réponse « KM pour débutant ». Peut-être l’avez-vous lu également si vous me posez la question après « l’éthique » : l’un et l’autre signalaient des écarts entre générations et qu’il ne fallait pas déconsidérer.
Ensuite, la relation à l’éthique est subtile. Si l’on reprend le fait relevé dans l’article selon lequel l’ancien avait une relation employé-patron empreinte d’une considération due au « patron de droit divin », on pourrait se dire, d’un côté, que la persistance d’une telle attitude va entamer la dynamique de l’entreprise alors que, de l’autre côté, on ironise encore souvent sur le comportement assez dictatorial de certains dirigeants. Peut-être pas dans les mots mais bien vérifié dans les actes (en voie de disparition ?). Est-ce équitable ?
Le fondement de l’éthique avait déjà été discuté par les penseurs grecs : le cours de la nature ne pouvant être influencé, l’homme doit se résigner à l’accepter et respecter la « mesure » en toutes choses. On constate que s’aligner sur ce principe apporte le calme et la satisfaction et puis que l’équité dans les relations avec autrui est tout aussi valorisante.
A notre époque soucieuse de la connaissance, on relève alors la relation entre la connaissance des réalités existentielles et les actes de l’individualité. Si l’on dit que l’entreprise est un transformateur, l’homme fut et reste le premier transformateur. Il est doté d’une intelligence qu’il peut activer en fonction d’une motivation plus moins forte dans l’une ou l’autre direction. Pour ce faire, il « avale » ce qu’il lui faudra dans son environnement dont il prend possession à son rythme.
On pose ainsi les premiers jalons d’une économie démocratique. Cela cesse de l’être quand il y a abus, exagération, déséquilibre (perte d’équité).
La génération actuelle (la « click generation ») est beaucoup plus remuante d’autant que les réalités existentielles ne sont plus aussi empreintes du calme naturel ancestral. Le déséquilibre est devenu la constante. Une fuite en avant. Les valeurs traditionnelles ne se perpétuent plus puisqu’on ne voit pas où les « accrocher » pour baliser la « suite ».
Mais ce seront pourtant les anciens qui baliseront la route puisqu’ils peuvent faire le « pont » entre l’ancienne et la nouvelle économie. Ils savent encore ce qu’est le « fonds de commerce » de cette économie qui n’arrête pas de changer de nom.
Un vaste sujet. Espérant avoir apporté des éléments de réponse. N’hésitez pas à réagir !

Jean-Charles Romero
Jean-Charles Romero, 01-Jun-03 @ 11:12AM
transmission de la connaissance

J'ai lu votre article et j'aimerais poser une question qui se rapporte au métier des "anciens".
Il s'agit d'une problématique qui m'inquiète. Pourriez-vous développer un peu ce sujet ?

Merci de votre attention.