[Pour les débutants] Anthropologie + KM : histoire d’une rencontre

18-Jan-05

> A l’époque où j’ai choisi de faire de l’anthropologie mon métier, deux choses m’intéressaient dans cette démarche de connaissance : d’abord, être au plus près du vécu des personnes, dans la cuisine bigarrée du quotidien. Ensuite, prendre du recul, construire une vision large et à long terme des mouvements dans lesquels se situent les existences humaines. Aujourd'hui on dirait : local et global.
L’anthropologie était alors une discipline exotique, plus particulièrement en France (où on l’appelle aussi ethnologie) : elle s’intéressait aux tribus d’Amazonie et aux ethnies africaines. Personnellement, je visais les applications dans notre propre société. Je concevais l’anthropologie comme une connaissance utile, participant aux questionnements et évolutions de nos modes de vie. Je me suis donc orienté vers des enquêtes et études pour le compte de décideurs (dans les domaines santé publique, culture et patrimoine, politiques de la ville, politiques sociales, développement territorial.

> Sur le terrain, l’anthropologue est amené à coopérer avec à ce que l’on appelle les « informateurs privilégiés ». Lorsque l’enquête porte sur sa propre culture, le nombre des informateurs privilégiés potentiels est beaucoup plus large. C’est pour cette raison que l’on peut assez souvent travailler la connaissance directement avec la plupart des acteurs, en dynamique de groupe. C’est par exemple le cas dans la formation-développement et les autres formes de communautés d’apprentissage et d’intelligence collective, telles que le KM les a mises en valeur.

> Tandis que je faisais des études sur des milieux humains, utilisant la démarche qualitative de l’anthropologie, on m’a demandé de plus en plus de faire des recommandations et de l’accompagnement. C’est ainsi que suis passé au métier de conseil. J’ai pris alors le statut d’indépendant, pour disposer de la distance que requiert la fonction d’accompagnement.

> On me demandait non seulement d’aider à mieux connaître, mais aussi de réaménager les processus et outils de connaissance. Les organisations sont confrontées à des questions de plus en plus complexes et sur lesquelles il faut être réactif rapidement : on ne peut pas faire autrement que compter sur l’intelligence personnelle de chacun, y compris et surtout des acteurs de « première ligne ». Pour les mêmes raisons, il est indispensable de faire circuler et de stocker de façon aisément accessible les connaissances, aussi bien explicites que tacites.
En même temps que cette demande se développe, les réponses se développent aussi, se diversifient, s’unifient, s’affinent, et ce à l’échelle mondiale : c’est ainsi que s’est créé le KM.
Dans mon activité, il était tout simplement logique qu’anthropologie et KM se rencontrent et se conjuguent.

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Laurent Marty
Author:
Laurent Marty
Publisher:
KnowledgeBoard
Date:
18-Jan-05
Categories:
Le Coin des Francophones 
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